Le sport : mon exutoire

«Il n’est pas de gloire plus grande pour un homme que de montrer la légèreté de ses pieds et la force de ses bras » – Homère

C’est cette phrase qui pendant des années résonnait dans ma tête. Je n’en ai jamais vraiment parlé ici, ou même ailleurs, mais avant le sport était mon échappatoire. C’était ce qui me permettait de me vider la tête, d’oublier tout le reste, de ne penser qu’à moi et surtout d’être loin de tous mes problèmes. Depuis 4 ans que je suis sur Bordeaux déjà ! – j’avais complètement laissé tomber le sport. Non pas par flemme, mais simplement par manque de temps, manque de motivation et surtout par manque de repères. Mais depuis septembre, j’ai ce besoin de me défouler qui est revenu bien plus fort et bien plus pesant qu’avant. J’ai donc repris le sport, pour de vrai. Reprise du sport

Le sport depuis toujours

Je suis née dans une famille pas du tout artistique, mais alors pas du tout. Personne chez moi ne sait dessiner, on ne lit pas non plus la musique. À la limite moi et ma sœur on a fait de la danse, c’est bien la chose la plus artistique qu’on ai jamais fait, c’est vous dire. Nous ne sommes pas non plus très manuels. Bref, je suis née dans une famille de sportifs. Mon papa a pratiqué l’athlétisme pendant des années, ma maman va à la piscine tous les samedis et va au travail en vélo. J’ai baigné dans le sport et dès toute petite, j’en faisais déjà beaucoup.

Il faut dire que j’avais un peu beaucoup d’énergie à revendre maintenant encore et que c’est le seul moyen que mes parents ont trouvés pour me canaliser. Quand j’étais petite, je cumulais donc 2 sports par semaine, soit environ 6h d’activités extrascolaires. J’ai donc fait de la natation, de la danse (contemporaine, jazz, hip-hop), de la gymnastique, du trampoline, de l’escalade. Mais en grandissant, je ne trouvais plus mon compte dans ces sports, car je rentrais à la maison sans être fatiguée. J’ai donc commencé l’athlétisme, et là, j’ai trouvé mon exutoire. Je rentrais épuisée physiquement et mentalement, c’était ça que je recherchais.

Ma relation avec le sport

Ma période d’adolescence n’a pas été des plus simples et des plus belles. Ça a même été plutôt compliqué pour moi. Problèmes familiaux, mal être intérieur, et j’en passe. J’allais plutôt mal, même si j’ai toujours relativisé, et j’avais besoin d’évacuer.

À l’athlétisme, j’ai trouvé une seconde famille, auprès de mes amis, mais aussi auprès de mon entraîneur. C’étaient les personnes qui me connaissais le mieux, qui savait en me voyant si j’allais bien ou pas, si j’étais en forme ou fatigué. On a partagé des choses qui sont tellement intense que c’était fusionnel. J’y allais 3 fois par semaine, auxquelles s’ajoutent les compétitions le week-end. Je passais donc entre 6 et 10h par semaine à courir.

Quand je courais, j’oubliais tout. Je ne pouvais pas faire autrement, je devais me concentrer sur ma course, mon souffle et sur la performance. Quand je courais, j’avais mal. Mais c’est cette douleur que je recherchais, qui me faisait du bien. Elle me permettait de me sentir vivre et surtout d’oublier les douleurs psychologiques. C’est fou, mais j’aimais avoir mal aux jambes, aux abdos, à chaque partie de mon corps. J’aimais sentir que je pouvais tout laisser tomber à chaque instant, mais que je ne lâcherais rien. Et le meilleur, c’est d’avoir mal, mais de continuer. De se dire qu’on en est capable, et en être capable. C’est un sentiment de satisfaction ultime.

Ça a duré 5 ans, pendant lesquels j’avais besoin d’avoir mal physiquement pour oublier que j’allais mal. Et puis j’ai déménagé à Bordeaux. J’ai perdu mes repères, mes habitudes, mes amis et ma famille. Et j’ai arrêté le sport. Reprise du sport

L’arrêt du sport

Plusieurs facteurs rentrent en jeux dans cet arrêt total du sport. D’abord ma nouvelle vie, nouvelle ville, nouveau rythme. Mais je m’étais quand même inscrite dans un club ici. Impossible de continuer, je ne m’entendais ni avec l’entraîneur ni avec les autres athlètes. La mentalité du club ne me correspondait pas du tout, et en plus le temps me manquait. J’ai donc tout laissé tomber. Et je n’ai pas remis mes baskets régulièrement pendant quasiment 4 ans.

Pendant 4 ans, le sport m’a manqué. Beaucoup parfois. Mais je n’arrivais jamais à m’y remettre, manque de temps et de motivation. J’ai en plus la chance d’avoir un métabolisme assez génial qui me permet de manger tout ce que je veux sans prendre de poids. Autant vous dire que ça ne m’as pas motivé à reprendre le sport. J’ai essayé plusieurs fois d’aller courir, mais je le faisais sans envie et surtout sans plaisir. Et puis en septembre de cette année, ça a été le déclic.

Ma reprise du sport

Il n’en a pas fallu beaucoup finalement, un voyage à l’autre bout du monde et une rupture plus tard, j’enfilais mes baskets et je reprenais le sport pour du vrai. D’abord, c’est Claire qui m’a motivé à la suivre à la salle régulièrement. Cela me permet de faire du renforcement musculaire, non-négligeable après 4 ans d’arrêt. Puis quand elle ne peut pas venir avec moi, je préfère aller courir en extérieur que sur un tapis. Alors j’enfile mes baskets et je cours.

La musique dans les oreilles, à fond. Je ne pense plus à rien et je profite. Je profite de toutes les sensations que j’aimais tant et que j’avais oubliées. Je ne me fixe pas d’objectif, je cours jusqu’à que je ne puisse plus. Ou jusqu’à que j’en ai marre, oui ça m’arrive aussi ! Et parfois, j’ai mal, mais je continue parce que c’est là que je me sens vivre. C’est là que je me dépasse et que je suis fière de moi.

Hormis tout ça, j’ai perdu les quelques kilos que j’avais en trop. Je retrouve petit à petit le corps que j’avais à l’époque et ça me fait me sentir mieux avec moi-même. Je n’ai pas d’objectif de poids, je ne me pèse jamais d’ailleurs, mais retrouver mon corps d’avant me permet d’être plus en phase avec moi-même.

Bref, j’ai repris le sport, j’aime toujours autant ça et ça me permet d’aller bien. Dans ma tête, mais aussi dans ma vie. Je suis bien plus concentrée en cours, quand je travaille. Je suis bien plus productive et imaginative. Ce n’est que bénéfique. Et plus d’excuses, si je trouve du temps pour aller boire un verre avec mes amis, j’en ai forcément pour aller faire du sport.

Reprise du sport

Photos : Alex Socks

J’ai beaucoup parlé, un peu pour rien dire en vrai. Mais mettre des mots sur les choses que j’entreprends et que je vis me permet d’évacuer mais aussi de me faire des promesses à moi-même. J’espère que cet article vous aura donné un peu de motivation ou vous aura conforté dans votre détermination. On se retrouve très vite par ici !

Love

 

Ps : oui les photos n’ont rien à voir, mais je les aime beaucoup. Voilà c’est tout.

6 commentaires sur “Le sport : mon exutoire

  1. Je pense être le premier commentaire de l’article, n’en voyant pas d’autres … Je suis assez d’accord avec toi. J’ai plus le moins le même rapport au sport et récemment, par un concours de circonstances et l’arrivée de beaucoup de choses à la fois (bonnes comme mauvaises…) et bien j’ai repris l’escalade en salle. Et je dois dire que les muscles en doloris, bien étirés, puis chauffés dans le sauna puis glacés par la douche froide juste après, me rend heureux ! Je m’étale un peu aussi mais juste pour te dire : Je te comprends 😉

    1. Je comprends très bien la sensation que tu as. C’est assez gratifiant de voir qu’on es allé au bout de soi. Le sport fait vraiment du bien, aussi bien au mental qu’à la santé.

      Merci de ton petit commentaire,

      Bisous

      xx

  2. Ma jolie Marie,
    Un bel article, comme toujours. Déjà, je suis fan de ce shooting mais tu le sais déjà. Certes c’est pas des photos de sport mais ça te montre toi, c’est à ton image, et puisque tu parles de toi, du vrai toi intérieur, je trouve qu’au final ça match super bien.
    Outre les photos, j’aime quand tu poses tes mots comme ça. Un peu difficile à lire pour moi, parce que j’avais, à une époque, pris le sport comme échappatoire également, mais j’ai du arrêter, car j’en ai abusé, je me suis fait mal et j’ai niqué ma santé. Désormais j’ai le corps brisé et je dois assumer mes actes. Compliqué, surtout que évidemment je prends du poids, et tu sais bien que c’est un sujet très sensible chez moi. J’ai déjà essayé, plusieurs fois, de m’y remettre, mais la santé ne suivait pas, et maintenant que je suis à Toulouse, tout comme toi au début, j’ai perdu tout mes repères et chaque sortie m’est compliquée, donc aller faire du sport je t’en parle pas! Il me faut un endroit de confiance. Mais je trouverai et je me remettrai en forme! I can’t wait.
    Merci pour ce bel article,
    du Love,
    Célia

    1. Hello ma Célia ,

      Merci pour ton petit commentaire, toujours un plaisir de te lire. J’aime aussi beaucoup ce shooting parce que c’est moi, toute entière. Sans vraiment de filtre, il me représente vraiment bien. Je suis contente que tu trouve qu’il aille bien avec l’article.
      Il faut savoir écouter son corps et si pour le moment tu ne peux pas reprendre le sport, trouve un autre échappatoire, un moyen à toi de t’évader. Tu reprendras quand ton corps sera près, je ne m’en fait pas, on guérit de tout. La prise de poids ne doit pas être pour toi un obstacle. C’est les aléas de la vie et c’est ce qui fait de toi, que tu es toi. Et c’est ça le plus important.
      Prends le temps qu’il te faudra, mais tu retrouvera le temps, l’envie, l’energie pour reprendre.

      Merci pour tes mots toujours si bienveillant,

      Love

  3. Fais ce qui te fait plaisir ma chérie. En tout cas ça fait super plaisir de te voir sourire comme ça tu es magnifique. Love you mon ange ♡

Commentaires